Type de document : Étude
L’Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les métiers de l’alimentation en détail a réalisé une étude auprès des chefs d’entreprises, transverse aux 6 branches du périmètre de l’Observatoire et une étude spécifique à chacune d’elles visant à étudier les pratiques de gestion des ressources humaines dans les entreprises alimentaires de l’artisanat et du commerce de proximité.
En effet, les entreprises alimentaires de l’artisanat et du commerce de proximité, comme toutes les entreprises, quelles que soient leur taille gèrent les ressources humaines et les activités associées. Recrutement, gestion et administration, entretien d’évaluation, entretien professionnel, recueil des besoins en formation, prévention des risques, santé au travail, … sont des activités attendues.
Ce qui différencie les TPE des entreprises de taille plus importante, c’est que ces entreprises ne disposent pas de service dédié à cette activité de gestion des ressources humaines. C’est le plus souvent le chef d’entreprise qui endosse cette fonction, en plus de ses autres activités de production, d’achat, d’administration financière et commerciale de l’entreprise et de management.
Cette étude a ainsi permis :
- d’identifier et dresser un état des lieux des pratiques en matière de gestion des ressources humaines dans les entreprises alimentaires de l’artisanat et du commerce de proximité comprenant les pratiques de recrutement, de gestion et de rémunération ;
- d’identifier et décrire les évolutions, les impacts qui en découlent et les besoins à venir en termes de compétences à développer dans l’entreprise y compris vis-à-vis des chefs d’entreprises et en termes de demandes d’accompagnement de ces derniers ;
- d’identifier les bonnes pratiques, les préconisations et les actions qui pourraient être mise en place;
- de réaliser des fiches tendances pour diffuser les résultats traitant des thématiques suivantes :
- Le recrutement et l’intégration des nouveaux salariés
- Le management
- La formation
- L’apprentissage
- Le suivi du développement professionnel des salariés
- La santé et sécurité au travail
- La qualité de vie et des conditions de travail (QVCT)
- Le dialogue social dans les entreprises
- La marque employeur
- La protection de l’environnement
- La digitalisation RH
- L’inclusion, la diversité et l’égalité professionnelle.
- ¼ des apprentis de l’alimentation sont des femmes
- Ces apprenties sont plus âgées : 39% ont moins de 18 ans contre 50% pour les hommes
- Le métier est le plus souvent une vocation d’enfance affirmée
- 43% des apprenties ne sont pas satisfaites de l’orientation qu’elles ont reçu. Elles regrettent une insuffisance d’informations et un encouragement plus insistant que pour les garçons à poursuite leur étude via la voie scolaire générale ou technologique
- Elles se sont davantage réorientées après un parcours en lycée générale et technologique ou universitaire
- Elles indiquent avoir eu plus de difficultés à trouver une entreprise pour réaliser leur apprentissage
Les apprenties estiment qu’elles font pour le même métier, le même travail en entreprise que les hommes et qu’à ce titre, il n’y a pas de différence.
La conciliation vie familiale / vie professionnelle, est posée en cas d’horaires décalés. Elles mettent plus en avant que face à une problématique de garde d’enfants par exemple, les alternatives sont alors un passage dans la grande distribution ou dans l’enseignement.
Les entreprises alimentaires de l’artisanat alimentaire sont confrontées à des difficultés de recrutements, depuis plusieurs années, accentuées par la crise sanitaire.
Les causes en sont diverses :
- Pyramide des âges
- Concurrence sur l’emploi
- Insuffisance de main d’œuvre formée
- Conditions de travail
- Inadéquation géographique
- Qualité de vie au travail
C’est dans ce contexte que l’Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les métiers de l’alimentation en détail a souhaité lancer en 2022, une étude transverse aux 6 branches et spécifique à chacune d’elles a concrètes pour agir sur :
- L’attractivité des métiers
- La fidélisation des salariés.
Une méthodologie en 3 étapes stratégiques :
- un état des lieux dans les branches et dans les autres secteurs,
- une étude qualitative et quantitative à 360° multi-cibles,
- la formalisation d’un plan d’actions opérationnel sur les 2 axes attractivité et fidélisation.
Majoritairement les apprentis dans les métiers de l’alimentation sont des hommes (2 sur 3), âgés de moins de 18 ans (50%) qui préparent un diplôme d’un niveau III. Le profil des apprentis entre 2019 et 2022 n’a quasiment pas changé.
76% des apprentis logent chez leurs parents contre 71% en 2019. La durée du trajet entre le domicile et l’entreprise est de 15 minutes (médiane) et 40 minutes pour le trajet domicile et CFA.
Les apprentis indiquent avoir le plus souvent découvert leur métier à l’occasion d’un stage en entreprise (45%). Pour 35%, c’est un rêve d’enfant et pour 29%, ils connaissent quelqu’un qui exerce ce métier.
Les parcours des apprentis avant leur entrée en formation sont divers. 50% des apprentis sont entrés directement en apprentissage après le collège. Pour 20% des apprentis, ils sont en poursuite d’études dans le même métier. Ils préparent par exemple une Mention Complémentaire ou un Brevet Professionnel après un CAP, ou encore un autre CAP dit connexe. 20% des apprentis se sont réorientés après avoir préparé un diplôme de l’enseignement général ou professionnel, voire de l’enseignement supérieur. Enfin pour 10%, ce sont des jeunes adultes qui sont dans une situation de reconversion ou de reprise d’études (anciens salariés ou demandeurs d’emploi).
Un tiers des apprentis se dit insatisfait des informations reçues lors de l’orientation.
La recherche d’une entreprise d’accueil reste aisée pour 7 apprentis sur 10.
L’impact de la crise sanitaire sur le travail en entreprise a été modéré. En revanche, elle a conduit à une désorganisation de la formation pour 61% des apprentis.
Un apprenti sur cinq a fait face à des difficultés matérielles majeures pour le suivi de la formation à distance. Et un apprenti sur deux a pris du retard dans sa formation, 15% disent avoir même décroché scolairement. Les deux tiers signalent également des problèmes de santé consécutifs à la crise sanitaire.
Toutefois le niveau de satisfaction des apprentis vis-à-vis de leur statut d’apprenti reste élevé comme en 2019. 96% des apprentis recommandent l’apprentissage aux autres jeunes.